La réserve attendait son étincelle depuis 300 millions d'années
Sous nos pieds se trouve un trésor incroyable : le carbone fossile (charbon, pétrole, gaz). Cette énergie s'est formée il y a des centaines de millions d'années, et elle est restée piégée, endormie sous terre, incapable de se libérer seule.
En chimie, quand une réaction a besoin d'un agent extérieur pour démarrer et que cet agent survit à la réaction, on l'appelle un catalyseur. L’humanité joue exactement ce rôle à l'échelle de la planète. Grâce à nos entreprises, nos banques et nos machines, nous débloquons cette réserve d'énergie. Une fois le pétrole brûlé, notre société est toujours là, et elle est même devenue plus forte pour recommencer.
Le résultat est spectaculaire. Si l'on additionne l'énergie physique dégagée par les corps des 8 milliards d'humains (environ 110 watts chacun), on obtient 0,9 térawatt de puissance. Mais nos sociétés industrielles consomment 20 térawatts au total. Cela signifie que chaque humain commande en moyenne vingt fois sa propre force grâce aux machines. C'est le fait majeur de notre époque moderne.
Pour mettre cela en perspective, la Terre reçoit en permanence 173 000 térawatts d'énergie du Soleil. Notre prélèvement fossile en représente une infime fraction, et la chaleur de nos moteurs compte pour très peu dans le réchauffement. Ce qui dérègle le climat, c'est le déchet de l'opération : le CO₂ libéré s'accumule dans l'atmosphère et y retient la chaleur du Soleil. Cet effet de serre pèse environ soixante-dix fois plus lourd que la chaleur dégagée par la combustion elle-même.1